CaCO3

Il prend soin de moi comme d’une coquille d’oeuf

fragile et vide
ses mains aussi légères que des plumes sur mes épaules, des plumes pour m’envoler aussi loin que mon calcite le pourra.

Il prend soin de moi comme d’une coquille d’oeuf
parce qu’il est le seul à avoir vu, compris qui de l’oeuf ou la poule
su enlever la paille et la poule pour prendre entre ses bras la coquille, seule, sans la briser, entre ses bras lovée.

Il prend soin de moi comme d’une coquille d’oeuf
jamais brutal, toujours si doux, apaisant, prévenant
sachant apaiser les frissons de ma décalcification.

Il m’entoure de coton, me confectionne un nid pour y grandir au chaud, et je pourrais y être heureuse, si heureuse, loin des fissures, des blessures, des violences, dans son confort permanent.

Mais si je suis une coquille d’oeuf, alors…
Si je suis une coquille d’oeuf.
Toute coquille doit se briser un jour ou l’autre.
Alors je roule hors de son nid et je m’éclate sur le sol.

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