{"id":218,"date":"2023-02-13T15:56:23","date_gmt":"2023-02-13T14:56:23","guid":{"rendered":"http:\/\/anaid-sayrin.com\/?p=218"},"modified":"2023-04-24T16:22:00","modified_gmt":"2023-04-24T14:22:00","slug":"3-5-dans-lardeche-et-la-drome-villages-vivants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/2023\/02\/13\/3-5-dans-lardeche-et-la-drome-villages-vivants\/","title":{"rendered":"3\/5 &#8211; Dans l&rsquo;Ard\u00e8che et la Dr\u00f4me : Villages vivants."},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-219\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/La-Drome-provencale-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Saint-Michel-de-l&rsquo;Observatoire, dans les Alpes-de-Hautes-Provence. La nuit est tomb\u00e9e mais les petites rues du village sont noires de monde. Toutes les \u00e9toiles du ciel sont descendues dans les yeux de la foule, dans les regards p\u00e9tillants de bi\u00e8re et sur les l\u00e8vres rouges de vin ; elles explosent entre les mains applaudissant au rythme de la batucada, et tous ces petits morceaux d&rsquo;\u00e9tincelle sautillent sur le sol, pi\u00e9tin\u00e9s par les semelles de ceux qui rentrent progressivement dans la danse. Quittant leurs pieds, l&rsquo;ondulation, d&rsquo;abord l\u00e9g\u00e8re, remonte langoureusement dans les hanches qui se balancent de droite \u00e0 gauche puis emporte les \u00e9paules, les bras, les mains ; enfin, les sourires se tournent de nouveau vers le ciel, o\u00f9 tout a commenc\u00e9. Ce mouvement d&rsquo;abord chaotique se r\u00e9pand de corps en corps et soudain la foule enti\u00e8re est prise dans le m\u00eame bouillonnement. De nouveaux musiciens entrent en sc\u00e8ne. Ils reprennent des musiques traditionnelles remises au go\u00fbt du jour. Ceux qui connaissent les pas initient les nouveaux qui suivent maladroitement les instructions avant de s&rsquo;approprier les gestes, un peu n&rsquo;importe comment, mais chacun \u00e0 sa mani\u00e8re. La danse a rassembl\u00e9 tout le monde et les rues du village, les fa\u00e7ades des maisons et les trottoirs pav\u00e9s sont \u00e9clabouss\u00e9s d&rsquo;une joie simple \u00e0 laquelle tout le monde participe. C&rsquo;est donc \u00e7a, un village vivant ?<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes venus rendre visite \u00e0 Nico, un ami de Marseille qui a quitt\u00e9 la grande ville pour Forcalquier l&rsquo;hiver dernier. Cette \u00e9tape marque la fin de la premi\u00e8re partie de notre voyage dans le Sud-Est de la France. Deux mois plus t\u00f4t, nous avons quitt\u00e9 les murs aust\u00e8res et la nature luxuriante des C\u00e9vennes pour l&rsquo;Ard\u00e8che, o\u00f9 nous avons d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu en 2020. Nous sommes d&rsquo;abord retourn\u00e9s au Sud, chez Aris et Alexandra, qui louent une maison \u00e0 Saint-Andr\u00e9-de-Cruzi\u00e8res. Mais nous connaissons d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9gion et ses probl\u00e9matiques, et ces quelques jours nous l&rsquo;ont rappel\u00e9 : la nature y est magnifique, mais dans les villages, comme sur les berges des rivi\u00e8res, le tourisme gagne du terrain de jour en jour. Autour de la maison de nos amis, presque tous les volets sont ferm\u00e9s ; des quelques fen\u00eatres ouvertes nous viennent des \u00e9clats de voix des vacanciers n\u00e9erlandais ou belges. La plupart des maisons sont destin\u00e9es \u00e0 la location saisonni\u00e8re et les locaux ne trouvent plus de quoi se loger \u00e0 l\u2019ann\u00e9e. Le tissu social se morc\u00e8le, s&rsquo;\u00e9tire, et petit \u00e0 petit les villages se transforment en vill\u00e9giatures, d\u00e9poss\u00e9dant le territoire de sa force vive. La volont\u00e9 politique et citoyenne ne semble pas suffisamment forte pour enrayer ce processus. Cette tendance nous fait h\u00e9siter et les superbes eaux du Chassezac ou de la C\u00e8ze ne suffisent pas \u00e0 nous convaincre : la vie ici pourrait \u00eatre douce, mais nous sentons qu\u2019il nous manquerait&nbsp; l&rsquo;impulsion pour nous engager pleinement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-220\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Labyrinthe-de-rochers-sur-le-Chassezac-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-768x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-221\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-225x300.jpeg 225w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Vue-sur-la-Ceze-scaled.jpeg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Heureusement, l\u2019Ard\u00e8che est grande et peut-\u00eatre trouverons-nous plus loin la m\u00eame beaut\u00e9 alli\u00e9e \u00e0 un autre \u00e9tat d\u2019esprit. Nous nous enfon\u00e7ons donc un peu plus dans le massif, direction Saint-Michel-de-Chabrillanoux, en Centre Ard\u00e8che, o\u00f9 Lise et Olivier ont achet\u00e9 une maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Lise occupe une place importante dans ma vie. C&rsquo;est avec elle que je suis partie chasser le myst\u00e8re au Danemark et en Islande, et si nous ne nous voyons que rarement, chaque fois que son chemin croise le mien, j&rsquo;y pr\u00eate une attention particuli\u00e8re. Ce sont des carrefours qui sont rarement insignifiants. Il y a quelques ann\u00e9es, elle a achet\u00e9 avec son compagnon une petite maison o\u00f9 tout est \u00e0 refaire. Ils vivent \u00e0 pr\u00e9sent entre ici et Paris et avancent \u00e0 leur rythme sur la r\u00e9novation dont ils se chargent eux-m\u00eames. \u00c0 Saint-Michel-de-Chabrillanoux, ils ne sont pas seuls, loin de l\u00e0. Ici, les volets des maisons restent ouverts. Le village est petit mais ils sont nombreux, jeunes, vieux, et surtout artistes, \u00e0 se cr\u00e9er une petite vie sous les ch\u00e2taigniers et les sureaux. Il y a quelques ann\u00e9es, j&rsquo;ai \u00e9crit pour une femme qui a grandi pas loin d&rsquo;ici, \u00e0 Saint-Maurice-en-Chalen\u00e7on. Son r\u00e9cit \u00e9tait fid\u00e8le : je d\u00e9couvre, de mes propres yeux cette fois, les petits sentiers qui s&rsquo;enfilent dans les bois, reliant les hameaux aux villages, \u00e9loign\u00e9s de plusieurs kilom\u00e8tres. Dans son enfance, Saint-Michel-de-Chabrillanoux \u00e9tait pour elle le lieu o\u00f9 tout se passait : elle y allait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et faisait les courses pour sa famille dans les petits magasins autour de la place principale. Elle y a eu son premier travail : elle gardait les enfants du couple d&rsquo;instituteurs install\u00e9s au-dessus de l&rsquo;\u00e9cole. Avec son premier salaire, elle y a achet\u00e9 des petites tasses \u00e0 caf\u00e9 en porcelaine pour sa m\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n&rsquo;y a plus de magasins autour de la place du village mais elle est loin d&rsquo;\u00eatre vide. Olivier nous emm\u00e8ne dans l&rsquo;ancien bureau de poste qu&rsquo;une habitante a rachet\u00e9 : elle vit \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage et met \u00e0 disposition le reste du b\u00e2timent pour en faire des espaces de travail ou des ateliers. \u00c0 quelques pas de l\u00e0, l&rsquo;Arcade, tenue depuis peu par trois femmes, est un restaurant ouvert toute l&rsquo;ann\u00e9e dans lequel on se retrouve aussi pour faire des b\u0153ufs. Le jeudi, l&rsquo;ap\u00e9ro du village rassemble tout ce petit monde pour se donner des nouvelles et suivre les projets des uns et des autres. Nous profitons des quelques jours pass\u00e9s l\u00e0-bas pour faire le tour du voisinage avec Lise. B. est assise devant sa maison qui donne sur la place, fen\u00eatres et portes grandes ouvertes. Elle chante pendant que D. gratte une guitare. Les clients de l&rsquo;Arcade lui sourient. F. passe devant eux. Nous suivons ses longues dreadlocks multicolores jusqu&rsquo;\u00e0 son grand camion, \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0 : elle transporte les d\u00e9cors d&rsquo;un spectacle de cirque partout en France. Nous nous enfon\u00e7ons ensuite dans les bois. A. vient de remonter sa yourte chez une amie, puisqu&rsquo;il devenait ind\u00e9sirable dans la commune d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Il nous offre un th\u00e9 et nous parle de toutes les \u00e9tapes qui l&rsquo;ont amen\u00e9 jusqu&rsquo;ici. Nous passons ensuite chez C., qui a achet\u00e9 un terrain avec trois autres familles, autour duquel ils ont b\u00e2ti leurs maisons. Il y a aussi un abri en bois sous lequel une longue table de banquet est dress\u00e9e pr\u00e8s d&rsquo;une petite buvette, ainsi qu&rsquo;une salle chauff\u00e9e par un po\u00eale o\u00f9 ont lieu toutes les semaines des cours de yoga. Au centre de leur petit domaine, un potager auquel tout le monde participe. Les espaces priv\u00e9s sont clairement d\u00e9limit\u00e9s : on le rappelle r\u00e9guli\u00e8rement aux enfants qui n&rsquo;y pr\u00eatent pas vraiment attention. Une fois notre petit tour termin\u00e9, nous nous enfon\u00e7ons un peu plus loin. Nous suivons le chemin qui passe devant la maison de Lise et Olivier et se perd dans la for\u00eat. Tout au bout, nous d\u00e9couvrons un coin de rivi\u00e8re magique et inaccessible de la route. Nous sommes seuls au monde. Tout autour de nous, les arbres nous cachent des yeux de tous et surtout des touristes. Ils ne sont pas loin, pourtant, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres d&rsquo;ici, d\u00e9gustant des glaces Terre Ad\u00e9lice dans le lieu d&rsquo;origine de la marque, \u00e0 Saint-Sauveur-de-Montagut. Nous nous laissons flotter dans l&rsquo;eau claire en imaginant ce que pourrait \u00eatre la vie ici. Elle semble douce, loin de toute fr\u00e9n\u00e9sie. Depuis plusieurs ann\u00e9es, de nombreuses familles sont venues se r\u00e9installer, contribuant \u00e0 ramener du sang neuf dans ce petit coin de vall\u00e9e longtemps d\u00e9sert\u00e9. Ici, la volont\u00e9 de pr\u00e9server la vitalit\u00e9 du territoire est palpable.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Ard\u00e8che a un temps d&rsquo;avance sur les C\u00e9vennes. Elle a connu elle aussi la d\u00e9sertion apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale. Ses usines et ses fabriques ont ferm\u00e9, mais le sursaut de vie est un peu plus ancien et les villages ne semblent pas aussi isol\u00e9s que Saint-Martial ou le Viala. La filature d&rsquo;Ardelaine est un des plus beaux exemples de tentative de sauvetage d&rsquo;un territoire. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 70, un couple d\u00e9couvre \u00e0 Saint-Pierreville une ancienne filature de laine sur le point de tomber d\u00e9finitivement en ruines. La propri\u00e9taire, \u00e2g\u00e9e, vit toujours sur les lieux mais elle ne peut rien au temps qui p\u00e8se sur les tuiles de l&rsquo;ancien atelier. \u00c0 cette \u00e9poque, la laine est devenue un mat\u00e9riau sans valeur et les \u00e9leveurs en sont r\u00e9duits \u00e0 la br\u00fbler. G\u00e9rard et Catherine d\u00e9cident alors de relever un pari fou : rouvrir la filature. Avec d&rsquo;autres amis, ils s&rsquo;installent sur place, retapent eux-m\u00eames le b\u00e2timent et s&rsquo;initient \u00e0 l&rsquo;\u00e9levage, \u00e0 la tonte et aux m\u00e9tiers de la laine. En 1982, la coop\u00e9rative est cr\u00e9\u00e9e avec pour but de restructurer toute la fili\u00e8re locale de la laine, de la tonte \u00e0 la commercialisation. Aujourd&rsquo;hui, soixante personnes travaillent sur le site o\u00f9 les activit\u00e9s se sont diversifi\u00e9es : en plus de la vente directe des produits aux particuliers, on trouve une librairie, un caf\u00e9, un mus\u00e9e et un restaurant de terroir. Toute l&rsquo;ann\u00e9e, le lieu fourmille d&rsquo;activit\u00e9s, profitant des touristes qui viennent en nombre dans la r\u00e9gion, sans pour autant que toutes les activit\u00e9s leur soient consacr\u00e9es. Ardelaine maintient \u00e0 flot une fili\u00e8re qui fait vivre de nombreuses personnes dans la r\u00e9gion et en attire m\u00eame des nouvelles. Tout autour, son influence se fait ressentir sur le territoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Ardelaine est un exemple marquant, mais ici, les initiatives ne manquent pas. Associations, artistes, n\u00e9oruraux, anciens babos, grandes familles rurales : ils sont tous l\u00e0 et l&rsquo;Ard\u00e8che est sans conteste un territoire vivant. \u00c0 pr\u00e9sent, d&rsquo;autres enjeux surgissent : maintenant que les individus sont bien install\u00e9s est venue l&rsquo;heure de la mise en lien. \u00c9milie, une amie de Julien install\u00e9e depuis peu dans la r\u00e9gion, nous le confirme. La plupart de ces initiatives fonctionnent encore en vase clos et il n&rsquo;est pas rare que l&rsquo;on sache \u00e0 peine ce qui se passe dans la vall\u00e9e d\u2019en face. Pourtant, le partage des ressources reste une des solutions les plus prometteuses pour stabiliser et d\u00e9velopper ces initiatives. Se regrouper, c&rsquo;est donner \u00e0 chacun plus de visibilit\u00e9 ; s&rsquo;organiser, c&rsquo;est se permettre de r\u00e9pondre \u00e0 une plus grande diversit\u00e9 d&rsquo;enjeux \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d&rsquo;un bassin de vie en d\u00e9veloppant des propositions qui se compl\u00e8tent. C&rsquo;est aussi l&rsquo;occasion de mettre sur pied des projets plus solides, s\u00e9duisant davantage des populations qui seront \u00e0 la fois utilisatrices mais aussi actrices. C&rsquo;est enfin, surtout, la chance de pouvoir se sentir moins seul.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9milie a eu une id\u00e9e pour apporter sa pierre \u00e0 l&rsquo;\u00e9difice : avec des amies, elle a cr\u00e9\u00e9 \u00ab Roule ma douce \u00bb, un festival itin\u00e9rant sur plusieurs jours sur la Dolce Via, une voie douce entre le Cheylard et Saint-Agr\u00e8ve. Toute la journ\u00e9e, des participants peuvent aller \u00e0 v\u00e9lo de village en village o\u00f9 plusieurs animations sont propos\u00e9es \u2013 spectacles, march\u00e9s de cr\u00e9ateurs, portes ouvertes \u2013 tout cela pour mettre en r\u00e9seau les communes enclav\u00e9es de la vall\u00e9e de l&rsquo;Eyrieux et leur donner l&rsquo;id\u00e9e de collaborer. Bien souvent, elles sont confront\u00e9es aux m\u00eames probl\u00e9matiques (notamment en termes de mobilit\u00e9, de formation, d&rsquo;offres culturelles, etc.) : il ne faut plus laisser les montagnes entraver l&rsquo;union des forces.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-222\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Arrivee-en-Drome-provencale-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s ces quelques semaines pass\u00e9es dans la for\u00eat ard\u00e9choise, nous \u00e9tions tr\u00e8s curieux de passer en Dr\u00f4me : plusieurs personnes nous avaient dit que \u00ab l\u00e0-bas, c&rsquo;est l&rsquo;Ard\u00e8che dans dix ans \u00bb. Suivant une \u00e9volution que nous n&rsquo;avions pas pr\u00e9vue, nous suivons des territoires ayant adopt\u00e9 la m\u00eame trajectoire, mais \u00e0 des moments diff\u00e9rents, ce qui permet d&rsquo;entrevoir le potentiel des dynamiques encore embryonnaires ailleurs. Nous posons nos valises \u00e0 Pont-de-Barret. Notre ami Adrien y vit depuis quelques ann\u00e9es. Il a tr\u00e8s facilement trouv\u00e9 pour nous une maison qu&rsquo;un couple accepte de nous pr\u00eater pendant qu&rsquo;ils s&rsquo;absentent quelques jours. Adrien travaille avec un mara\u00eecher. Durant cette p\u00e9riode estivale, il part tr\u00e8s t\u00f4t le matin, revient se baigner dans la rivi\u00e8re en d\u00e9but d&rsquo;apr\u00e8s-midi avant de faire une sieste puis d&rsquo;encha\u00eener sur une des multiples activit\u00e9s qui participent \u00e0 la vitalit\u00e9 de son petit village. Il ne le fait nullement par obligation mais pour le simple plaisir de partager et donner, pour prendre part \u00e0 ce grand cercle vertueux qui veut que l&rsquo;\u00e9nergie que l&rsquo;on verse nous revient au centuple. Cela para\u00eet simple, mais ce n&rsquo;est pas si \u00e9vident : pour donner \u00e0 chacun l&rsquo;envie de participer, il faut une culture forte, un environnement qui fasse penser que ce mouvement est naturel, int\u00e9gr\u00e9 pour tout le monde. \u00c0 Pont-de-Barret, le partage et l&rsquo;entraide semblent faire partie de l&rsquo;ADN de ce petit village de sept-cents habitants. Dans le petit centre-bourg, on se croise et on se salue au caf\u00e9 ou devant la librairie ouverte depuis peu. Le mardi soir, Adrien propose un za-zen (une m\u00e9ditation assise) dans une salle mise \u00e0 disposition par une famille, dans leur maison. Apr\u00e8s lui, une femme encha\u00eene avec un cours de yoga. Dans les ateliers partag\u00e9s, des musiciens se retrouvent toutes les semaines pour faire un b\u0153uf. \u00c0 quelques pas de l\u00e0, l&rsquo;\u00e9picerie solidaire est tenue par les habitants b\u00e9n\u00e9voles. R\u00e9guli\u00e8rement, des d\u00e9bats ou des rencontres sont organis\u00e9s pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 d&rsquo;autres formes de r\u00e9seaux de solidarit\u00e9 citoyenne. Cette semaine, sur le march\u00e9, un mara\u00eecher s\u2019essaye pour la premi\u00e8re fois au dispositif de s\u00e9curit\u00e9 sociale alimentaire qui a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 quelques jours plus t\u00f4t dans une soir\u00e9e documentaire. Le principe : chaque client peut choisir, avec un syst\u00e8me de jetons, de payer un produit au prix affich\u00e9, 25% de plus ou 25% de moins. Le surplus apport\u00e9 par ceux qui le peuvent permet aux vendeurs de proposer \u00e0 ceux qui en ont besoin des prix solidaires sans perdre d&rsquo;argent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque jour ou presque, nous retrouvons Adrien au bord du Roubion enchanteur. La chaleur est br\u00fblante, la fra\u00eecheur de l&rsquo;eau est vitale. Nous sentons chez lui, comme chez beaucoup d&rsquo;autres habitants, un r\u00e9el soin port\u00e9 \u00e0 sa communaut\u00e9 : chacun sait ici que si le quotidien y est si enviable, c&rsquo;est parce que tout le monde met la main \u00e0 la p\u00e2te. Tout le monde, ou presque, car nous d\u00e9couvrons petit \u00e0 petit que la population du village reste irr\u00e9m\u00e9diablement scind\u00e9e entre les \u00ab n\u00e9o \u00bb qu&rsquo;on croise \u00e0 la rivi\u00e8re et dans les vieilles maisons en pierre du centre-bourg, et les anciens, ceux issus des familles vivant ici depuis plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, qui pr\u00e9f\u00e8rent un mode de vie plus traditionnel dans les lotissements modernes et confortables \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur du bourg. Ces deux populations ne se croisent pas, ne se parlent pas, ne se comprennent pas. Elles ne fr\u00e9quentent m\u00eame pas les m\u00eames lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;Adrien met le doigt sur quelque chose qui me g\u00eanait aux entournures depuis notre arriv\u00e9e dans la Dr\u00f4me sans que je puisse l&rsquo;expliquer. Nous sommes all\u00e9s \u00e0 Die, avons dormi sur les verts plateaux du Haut-Diois, nous avons dans\u00e9 dans une guinguette explosante de joie \u00e0 Crest, nous nous sommes \u00e9merveill\u00e9s en remontant un ancien lit de rivi\u00e8re dans la for\u00eat de Saou&#8230; et pourtant, il manquait quelque chose. C&rsquo;est en voyant les corps danser un mois plus tard \u00e0 Saint-Michel-de-l&rsquo;Observatoire que j&rsquo;ai compris : il manquait une homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, un liant qui ferait danser les individus ensemble dans un m\u00eame mouvement et dans toute leur singularit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-224\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Apres-la-foret-de-Saou-1-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-225\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-de-Cosmodrome-a-Barret-de-Lioure-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>La Dr\u00f4me a la c\u00f4te en ce moment. En trois heures de TGV depuis Paris, on peut se mettre au vert, profiter des eaux scintillantes \u00e0 l&rsquo;ombre des rochers. On peut aller soigner son d\u00e9but de burn-out dans des retraites chamaniques ou dans des cours de <em>body-consciousness,<\/em> faire ses courses au march\u00e9 bio, acheter directement aux producteurs, se ressourcer dans une grande maison qui vaut le prix d&rsquo;un appartement citadin. Et surtout, on peut faire tout \u00e7a sans jamais mettre les mains dans le cambouis, sans chercher \u00e0 participer ou \u00e0 y mettre du sien. Comme dans les grandes villes, on peut vivre en consommateur, sans avoir \u00e0 d\u00e9fendre quoi que ce soit puisque l&rsquo;offre est l\u00e0. L&rsquo;amertume commence \u00e0 poindre chez certains qui vivent ici depuis longtemps et qui savent \u00e0 quel point l&rsquo;\u00e9quilibre est fragile : les propositions pour cr\u00e9er de nouvelles initiatives <em>green-cred<\/em> et bienveillantes sont nombreuses, mais les candidats sont beaucoup moins pr\u00e9sents lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de p\u00e9renniser ou de prendre en charge ce qui a \u00e9t\u00e9 mis en place pour les probl\u00e8mes de la vie de tous les jours &#8211; les vieux qui s&rsquo;ennuient dans les EHPAD et qui pr\u00e9f\u00e9reraient rester chez eux, les associations de parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, les d\u00e9serts m\u00e9dicaux, la difficult\u00e9 pour les jeunes actifs du coin de se loger, etc. Bien s\u00fbr, cela ne concerne qu&rsquo;une partie de la Dr\u00f4me, entre la gare TGV et Die. Nous avons visit\u00e9 des villages \u00e0 mille lieues de tout \u00e7a, cherchant encore \u00e0 construire collectivement des alternatives \u00e0 ce monde qui commence \u00e0 ramper sur les pentes de leurs collines. Mais si la culture qu&rsquo;ils essayent de cr\u00e9er n&rsquo;est pas assez camp\u00e9e sur ses deux pieds, si d\u00e9j\u00e0 des dissensions la fissurent, si les anciens ne sont pas l\u00e0 pour apprendre aux nouveaux \u00e0 rentrer dans la danse et \u00e0 s&rsquo;approprier les gestes, il y a fort \u00e0 parier que tout ce qui a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 s&rsquo;\u00e9puise, faute de participants.<\/p>\n\n\n\n<p>Petit \u00e0 petit, nous affinons nos crit\u00e8res de choix. Nous cherchons un territoire o\u00f9 l\u2019on s\u2019engage collectivement \u00e0 participer \u00e0 une culture vivante dans laquelle la diversit\u00e9 devient une force et non un \u00e9clatement, un territoire o\u00f9 ce mouvement de r\u00e9-installation des n\u00e9o-ruraux n\u2019alt\u00e8re pas la dynamique en place mais, au contraire, la renforce. Or, il para\u00eet qu\u2019il existe quelque part \u201cun village peupl\u00e9 d\u2019irr\u00e9ductibles Gaulois\u2026\u201d<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-1024x768.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-226\" srcset=\"https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-1024x768.jpeg 1024w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-300x225.jpeg 300w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-768x576.jpeg 768w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-1536x1152.jpeg 1536w, https:\/\/anaid-sayrin.com\/wp-content\/uploads\/2023\/04\/Une-nuit-dans-les-Barronies-provenacales-2048x1536.jpeg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Retrouvez la s\u00e9rie de r\u00e9cits de notre tour de France <a href=\"http:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/category\/carnetdevoyage\/tour-de-france\/\">par ici<\/a>.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 \u00e0 Saint-Michel-de-l&rsquo;Observatoire, dans les Alpes-de-Hautes-Provence. La nuit est tomb\u00e9e mais les petites rues du village sont noires de monde. Toutes les \u00e9toiles du ciel sont descendues dans les yeux de la foule, dans les regards p\u00e9tillants de bi\u00e8re et sur les l\u00e8vres rouges de vin ; elles explosent entre les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":225,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6,8],"tags":[],"class_list":["post-218","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-carnetdevoyage","category-tour-de-france"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=218"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":242,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/218\/revisions\/242"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/225"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=218"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=218"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/anaid-sayrin.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=218"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}