À paraître : Le dernier jour de l’été
Le dernier jour de l’été est un texte mêlant poésie et récit biographique retraçant la dernière semaine que j’ai eue la chance de passer auprès de mon père, en soins palliatifs. À travers l’évocation de souvenirs et de sa passion pour la poésie, se mêlent des fragments de sa vie et de la mienne, jusqu’au dernier au revoir.
Extrait
« Ce matin
alors que je te tenais par la main
tu as été aspiré par les nuages.
À la place que tu as laissée
un trou
de la forme exacte de ta silhouette
et dans ce trou, l’air me manque.
J’ai d’abord voulu me dédoubler
combler le vide en prenant ta place.
Mais mes épaules sont trop petites :
dans les interstices, parfois
des images de toi me reviennent par hoquets.
Les larmes coulent comme sur des rigoles
mais ne remplissent rien.
J’ai quitté ta silhouette et je lui ai fait face.
De l’autre côté, j’ai vu
une cigogne qui s’envole en Anatolie
un bateau longeant la Terre de Feu
ton visage caressé par le vent
des vagues fouettant la digue d’un phare
et le train que tu as pris pour rentrer chez toi.
Tu m’as laissé tes souvenirs
comme une matière à retisser
sans le métier qui va avec.
Et puis, un souffle.
Sous le portique de tes épaules
seule la poésie peut encore faire dialogue.
Je le comprends seulement maintenant.
Maintenant qu’aucun mot n’a de sens.
Maintenant
que rien ne peut traduire
l’extase de te savoir en moi
la détresse de t’avoir perdu.
Maintenant seulement
je me mets à parler ta langue.
Celle des déracinés dans laquelle nous nous retrouvons
Toi mort,
moi vivante. »
Erevan sur Seine : le témoignage de deux immigrés arméniens à Issy-les-Moulineaux

Résumé
On parle souvent du génocide arménien de 1915. On parle moins de ce qui s’est passé après. Barkev et Verjin sont nés entre 1927 et 1929 à Sivas, quelques années après l’avènement de la toute nouvelle République de Turquie, synonyme d’espoirs pour les Arméniens restés malgré tout après les massacres. Pourtant, quelques années plus tard, ils fuient le pays pour la France avec leurs enfants, dont Varoujan, le père d’Anaïd qui raconte aujourd’hui cette histoire. Que s’est-il passé entre temps ?
Cinquante ans plus tard, à Issy les Moulineaux, leur « Erevan sur Seine », Barkev et Verjin se livrent à leur petite fille. Au fil des interviews, les souvenirs remontent, et avec eux, l’héritage silencieux que ces deux immigrés arméniens ont transmis aux générations de survivants qui les ont suivis. Et en éclairant le passé, c’est aussi toute la culture des Arméniens de diaspora qui se dévoile, expliquant les rapports toujours conflictuels avec la Turquie actuelle, et la difficulté pour les descendants de trouver une place dans ce monde étrange qu’ils ont reçu en héritage.
Cent ans après le génocide arménien, ce livre se veut un trait d’union entre deux pays et entre deux générations, pour rétablir une parole avant qu’elle ne soit oubliée.
Également disponible à petit prix en version noir et blanc.
Mars 2017
Le parfum du retour (édition Cherche Midi)
Cette nouvelle est au sommaire d’un très beau livre ayant pour thème la ville d’Issy-les-Moulineaux : plusieurs auteurs, photographes et acteurs de la ville ont été réunis autour de Pierre Dottelonde pour créer cet ouvrage qui retrace toute l’histoire de la ville.
La nouvelle Le parfum du retour raconte, à travers un parcours dans les rues isséennes, l’histoire arménienne qui a façonné l’architecture même de la ville.

Mai 2015
Etylomogie, gagnante du concours « Des mots pour Librinova ».
Elle est publiée avec six autres nouvelles dans un recueil numérique, Elle hésita un instant puis cliqua sur Envoyer.
Janvier 2015
Publication de Une autre langue dans le recueil Rencontres Extrêmes aux éditions Souffle Court.
Une autre langue retrace l’histoire d’une rencontre avec un homme, et à travers lui avec son pays, l’Islande. C’est aussi l’histoire d’une émancipation par l’apprentissage d’un nouveau langage : celui du corps.